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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Le Cirque (Paris Musée d’Orsay)

Publié le 2 Janvier 2016 par cirk75 in Art

Le Cirque (Paris Musée d’Orsay)

"Le Cirque" tableau représentant une écuyère au cirque Fernando (voir blog01/07/2012) est le troisième, d'une série de toiles faisant suite à "Parade de Cirque" et "Chahut", consacrée par Seurat aux spectacles nocturnes parisiens.

Avec cette oeuvre inachevée - le peintre est emporté par une angine diphtérique quelques jours après l'ouverture du Salon des Indépendants de 1891-, nous sommes plongés en plein cœur de la piste du cirque montmartrois où tout semble tourner autour d’une amazone sur un cheval blanc et d'un acrobate virevoltant.

Au premier plan, de dos, se tient un clown à la tête rouge, directement inspiré des affiches de l’époque, notamment celles du peintre lithographe Jules Chéret (voir blog27/12/2013).

A l’arrière-plan, les gradins sont rythmés par des silhouettes figées de spectateurs dont les chapeaux (hauts-de-forme dans les premiers gradins et caloquets de feutre dans les gradins supérieurs) nous indiquent l’appartenance sociale.

Deux espaces cohabitent : celui de la piste et des artistes, tout en courbes, en arabesques stylisées et en spirales, en tension dynamique, voire en déséquilibre ; et celui des gradins et du public, rigide, orthogonal, immobile, d'une rigoureuse géométrie.

L'ordre des couleurs obéit aussi à des règles précises : la couleur primordiale, celle de la lumière pure, le blanc, domine la toile. La palette accorde ensuite les trois teintes fondamentales : le rouge, le jaune et le bleu, modulées en petits traits méthodiques qui font écho au rythme des lignes. Seurat isole enfin son tableau par une bordure sombre peinte directement sur la toile ainsi que par un cadre plat traité avec le même ton bleu, et qui fait partie intégrante de l'œuvre.

Quand on s'approche très près du tableau, on découvre qu'il est composé avec des milliers de points de couleur. Cette technique, le pointillisme ou divisionnisme, part du principe selon lequel notre œil a le pouvoir de reconstituer automatiquement les couleurs. Le peintre ne les mélange pas, il laisse à notre œil faire le travail. La palette, réduite, est d’une luminosité remarquable. Seurat applique les théories de Chevreul sur le contraste simultané des couleurs : l’œil parvient à reconstituer une forme suggérée par la juxtaposition de petites touches de couleurs pures dont le rendu est plus lumineux que si elles étaient mélangées sur la palette du peintre. D’où ces petits points superposés à sec qui donnent aux pigments solidité et éclat.

Le Cirque (Paris Musée d’Orsay)
Le Cirque (Paris Musée d’Orsay)

Encore un nouvel exemple de l"attrait qu'exerçait le cirque du Boulevard Rochechouart à Paris sur le travail des peintres de la fin du XIX° siècle.

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