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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque

Publié le 1 Décembre 2015 par cirk75 in Dompteurs

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque

De tous temps les dompteuses ont fasciné et charmé le public. En 1854 on peut pour la première fois admirer sur une piste parisienne une dompteuse marseillaise Pauline Borelli. Deux ans plus tard Louis Dejean (voir blog20/03/2015) le directeur du cirque d'hiver récidive, et présente une autre belluaire. Le fait que le dressage des fauves soit exécuté par une femme renforce non seulement son attractivité en mettant l’accent sur le contraste entre délicatesse et férocité mais ajoute aussi une touche d’élégance. Et si de nos jours les dompteuses se font plus rares, il n’en est pas de même fin XIX°, début du XX° siècle. Et comme ces dames constituent souvent l’attraction principale des ménageries foraines il n’est pas rare que la fille ou la femme du directeur de la dite ménagerie présentent les numéros de dressage félin. Rappelons qu’à la fin du XIX° les fauves, sont peu répandus dans les cirques, on les trouve principalement dans les ménageries itinérantes.

Ces vedettes populaires et adulées qui font accourir les spectateurs ont pour nom : Mlle Aurora, Sarah Caryth, la Comtesse de X*** (Mlle de Vésins) Mme Dorcy, Mme Gaillard, Claire Heliot, Jana, Olga Jeannet, Anna Massserini, Louise Morelli, Anna et Jeanne Pezon, Catherine Redenbach, Miss Senide ou Ida Vannna… Mais la plus célèbre la plus réputée se nomme Nouma Hawa une brune originaire de Constantine et elle obtient un succès sans précédent lorsqu’elle se produit un certain 29 janvier 1882, sur la piste du Cirque d’Hiver .

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque
Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque

Au sujet de cette déesse de la piste reportons nous à la description qu’en donne Jacques Garnier dans le livre "Forains d’hier. "Nouma Hawa était auréolée d’un charme énigmatique et troublant qu’elle savait rendre presque magique. Elle était fort jolie, grande, brune, la jambe admirablement prise dans un maillot de soie rosé ruisselant de paillettes d’or et d’argent. Sa taille fine, bien cambrée et sa gorge sculpturale sont gainées dans une cuirasse de satin blanc. Ses yeux fascinateurs exercent un pouvoir sur les animaux de toute espèce, et peut être même sur les hommes." On dit même à cette époque que roi des animaux est sous le charme par la douceur et le timbre de sa voix.

Nouma Hawa dont le nom en romani signifie "Rosée du Soir" fut mariée 2 fois. En première noce au dompteur Pernet, propriétaire d’une ménagerie itinérante portant son nom et comprenant 70 fauves et 1 éléphant. Ce dernier décède à Rome en mars 1883 suite à un empoissonnement sanguin dû à une morsure à la cuisse causée par un de ses lions. Après avoir repris la ménagerie de son défunt mari, la dresseuse se remarie avec M. Soulet le directeur du Parc de la Tête d’Or à Lyon.

Au cours de sa riche carrière Nouma Hawa est plusieurs fois accrochée ; aux "Folies Bergères" en 1883 par sa lionne, en 1886 à Verviers par une autre lionne en voulant la séparer de ses lionceaux, enfin en 1888 à Bruxelles par un ours blanc qui lui déchire un sein. Après des aventures mouvementées en Italie et en Suisse, en 1915 elle vend sa ménagerie et se retire en Suisse sur les bords du lac Léman où elle décédera 11 ans plus tard.

Dans la mémoire de ses adulateurs elle laisse le souvenir d’une femme d’une grande beauté alliée à une témérité hors du commun. Bien longtemps après sa mort d’abondantes cartes postales ont entretenu la légende de Nouma Hawa, la première dompteuse du monde.

Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque
Nouma Hawa, une gloire circassienne de la Belle Epoque
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