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Le bloc-notes de cirk75

Chronique au fil du temps et de la mémoire d'un circophile amateur

Matamore au 104

Publié le 1 Octobre 2014 par cirk75 in Nouveau-Cirque

Matamore au 104

Du 8 octobre au 02 novembre le 104 accueille ”Matamore“ cirque, arène, théâtre et musique, tout à la fois.

La recette de ce spectacle est extrêmement simple. Prenez deux compagnies aux univers bien dessinés : (Le Cirque Trottola et Le Petit Théâtre Baraque). Mélangez tout cela avec une bonne dose d’amitié. Faites couver sous un chapiteau aux allures d’arène : tout d’or et de rouge orné. Et voici Matamore ! Matamore ? Drôle de nom… Rien de fanfaron dans ce spectacle pourtant. Chacun des 5 artistes a su trouver sa place, faire ses petits tours de piste puis s’en aller pour qu’un autre apparaisse. Clowns blancs ou noirs, Hercule de foire dérisoires: tous ces personnages ont un petit air fatigué. Le colosse a beau bomber le torse, il fait penser à ces clochards qui balbutient et se soutiennent à peine dans nos rues. La piste est une arène plus animée qu’une plaza aux heures de presse. Tous y portent leur prouesse, jonglage ou équilibre, jeux de fouet ou de balai, grande phrase ou pépiement, au bénéfice commun. Ils sortent et rentrent de tiroirs comme diables en caisses, jouent sur les mots comme ils virevoltent dans les airs, changent d’échelle comme de visage tout en se cognant avec gravité à l’absence de portes. Ils paraissent cinq (Bonaventure, Branlotin, Mads, Nigloo, Titoune) ; ne sont-ils pas plutôt dix tant tout virevolte?

Matamore au 104

La musique faite de sons et de beaux airs qui embarquent et nous propulse dans un autre temps. La lumière laisse parfois dans l’ombre les visages ou les surexpose au contraire pour les laisser en pâture à nos regards. Matamore a parfois des allures d’hommage. On y sent un amour profond pour le cirque d’antan avec ses paillettes, ses petits chiens de spectacle pauvre, ses clowns, ses numéros. Mais on n’assiste pas pour autant à un spectacle de cirque traditionnel. Par exemple, les numéros s’enchaînent avec une drôle de temporalité comme ralentie, presque onirique. Matamore serait plutôt un cirque sorti d’un tableau de Chagall, de Seurat… d’un songe. On rit, on jubile, on applaudit et on n’en sort pas indifférent. Matamore, un spectacle unique, un ovni dont on sait dès le début qu’on ne comprendra pas, mais qu’on ressentira.

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